7 exemples de figures de style que vous utilisez tous les jours

Vous êtes en froid avec vos souvenirs de cours de français ? Voici pourtant 7 exemples de figures de style que vous utilisez tous les jours !
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7 exemples de figures de style que vous utilisez tous les jours

Illustrations de Julie Guillot

Rappelez-vous vos années lycée : les figures de style ont sûrement animé vos cours de français. Aujourd’hui, il vous semble difficile de vous souvenir de quoi il était vraiment question, n’est-ce pas ? Détrompez-vous, vous vous en souvenez mieux que vous ne l’imaginez. Nous allons vous donner 7 exemples de figures de style que vous utilisez tous les jours.

Mais qu’est-ce qu’une figure de style, au juste ?

Une figure de style est définie comme un procédé de langue, sortant du langage dit « ordinaire », et qui vise à créer un effet de sens ou de sonorité. Naturellement, dès que nous parlons ou que nous écrivons, nous utilisons certains de ces procédés, sans même nous en rendre compte. À chaque fois, notre objectif est en fait d’ajouter de l’expressivité à ce que nous disons, pour mieux nous faire comprendre, pour accentuer une idée, pour apporter une nuance. En bref, pour avoir plus d’influence sur la personne à qui l’on s’adresse. Elles sont d’ailleurs aussi parfois appelées figures de rhétorique, la rhétorique désignant l’art de bien s’exprimer.

Comme dit précédemment, elles ne sont pas réservées aux politiciens, aux orateurs et aux écrivains. Pas besoin d’être un immortel de l’Académie française pour savoir jouer avec les mots ! Vous utilisez vous-mêmes des figures de style au quotidien, dans vos échanges professionnels, à la maison, la plupart du temps sans vous en rendre compte. Pourquoi ne pas apprendre – ou réapprendre – à les reconnaître ?

Nous vous avons concocté une petite liste non exhaustive d’exemples de figures de style que vous utilisez tous les jours, agrémentés de petits cas pratiques dans lesquels nous espérons que vous vous reconnaîtrez !

La métonymie, la figure de style simplificatrice

En théorie

Selon Bernard Dupriez, il s’agit d’une trope qui permet de désigner quelque chose par le nom d’un autre élément du même ensemble, en vertu d’une relation suffisamment nette. Euh…

En pratique :

Lorsque vous parlez d’un objet ou d’une idée en utilisant un autre terme que celui qui conviendrait. En l’occurrence, dans le cas d’une métonymie, le mot utilisé ne représente qu’une partie de l’idée énoncée, et pourtant par glissement de sens, par habitude, on vous comprend quand même.

La métonymie est un exemple de figure de style classique

Exemples de figures de style de mon quotidien :

  • Moi qui crâne au repas de famille : En ce moment, je lis un Balzac. (un Balzac vaut pour : un roman de Balzac)
  • Ma mère qui ne croit pas en moi : Elle a essayé de se mettre à l’écriture, mais on ne peut pas dire qu’elle soit une bonne plume ! (une bonne plume vaut pour : un bon écrivain)
  • Mon père qui cherche à me déloger du domicile familial : Ce serait bien que tu te mettes à chercher un autre toit où vivre ! (un toit vaut pour : un logement autre que la maison de mes parents)

Le pléonasme, la figure de style du radotage

En théorie :

1. Surabondance de termes, donnant plus de force à l’expression.
2. Redondance, emploi de mots inutiles

En pratique :

Lorsque vous en rajoutez un peu, pour mieux faire comprendre à votre auditoire le message que vous souhaitiez faire passer, même si finalement, ça n’apporte absolument rien de pertinent à la phrase.

Exemples des multiples pléonasmes redondants utilisés chaque jour du quotidien :

  • Je monte en haut et tu descends en bas.
  • Je te jure : je l’ai vu de mes propres yeux, entendu de mes propres oreilles.
  • Il a fait un mauvais cauchemar cette nuit, à propos d’un démon maléfique.
  • Elle l’a répété deux fois.
  • Cette voiture a été importée de l’étranger.
  • Par un hasard imprévu, j’ai croisé un petit nain ce matin !

Note : cela vaut également pour les inutiles au jour d’aujourd’hui et à partir de dorénavant, qui sont à proscrire.

L’antonomase, la figure de style des esprits créatifs

En théorie :

Prendre un nom commun pour un nom propre, ou un nom propre pour un nom commun.

En pratique :

C’est lorsque vous utilisez un nom propre (un personnage mythique, une personne célèbre) à la place d’un nom commun. Souvent, il représente une idée plus large, et se rapproche donc beaucoup de la métaphore.

Beaucoup de marques, ou de noms d’inventeurs se sont d’ailleurs transformés en noms communs (Kleenex, Scotch, Caddie, etc.).

Quelques-uns de ces petits exemples de figures de style du quotidien :

  • Mon père, face à son miroir le matin : Je ne suis peut-être pas un apollon, mais je ne suis pas non plus un quasimodo.
  • Son ami cuisinier, aux chevilles enflées : En toute modestie, je suis un peu le Paul Bocuse de ma région.
  • Les deux personnes précédemment citées, ensemble, au cours d’un dîner : Bon, on s’ouvre un petit bordeaux ?

L’ironie, la figure de style préférée de la goguenardise

En théorie :

Dire, par une raillerie, plaisante ou non, le contraire de ce qu’on pense ou de ce qu’on veut faire penser.

En pratique :

Vous la connaissez bien celle-ci. Lorsque vous dites le contraire de ce que vous pensez, pour taquiner votre interlocuteur, que ce soit dans le but de le ridiculiser, de le tourner en dérision ou pour lui enseigner quelque chose.

Ironiques exemples de figures de style de mon quotidien :

  • À mon stagiaire : Je vois que tu as relu ta présentation, Julien. Tu préfères que je l’envoie au CEO avec ou sans les fautes d’orthographe ?
  • À ma nièce : Super ton dessin ma chérie ! Mamie sera ravie de voir que tu l’as dessinée avec une moustache !
  • À ma nouvelle fréquentation : Que tu aies mis deux jours à me répondre ? Non, ça ne m’a pas dérangée, j’ai été flattée par ton enthousiasme.

Note : eh oui, l’ironie est aussi une figure de style, mais plutôt risquée ! Assurez-vous que vos interlocuteurs comprennent la raillerie et le double-sens de votre déclaration.

L’autocorrection, la figure de style préférée des perfectionnistes

En théorie :

Rétraction de ce que l’on vient de dire, à dessein, pour y substituer quelque chose de plus fort, de plus tranchant ou de plus convenable.

En pratique :

Tout simplement, lorsqu’on se reprend soi-même pour accentuer notre idée, et en remettre une couche. (Bien sûr, personne n’est dupe !)

Exemples du quotidien :

  • Ma belle-sœur, à son fils lorsqu’il mange une mousse au chocolat : Non mais regarde-moi ça, tu es un vrai cochon. Même pas, tu es un porc.
  • Mon frère à sa famille, avant de partir en vacances : À ce rythme-là, on ne partira pas à l’heure. Qu’est-ce que je dis… à ce rythme-là, on y sera encore demain !

Exemple le plus célèbre :

« C’est un roc ! … c’est un pic ! … c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ? … C’est une péninsule ! » – Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac

La personnification, la figure de style préférée des princesses Disney

En théorie :

Faire d’un être inanimé, d’un animal ou d’une abstraction un personnage réel.

En pratique :

À chaque fois que vous parlez de votre télé ou de votre chat comme d’une personne, vous utilisez en fait le procédé de personnification.

La personnification est un des exemples de figures de style les plus connues

Exemple du quotidien :

  • Entendu chez mes parents : Sultan, le chien de la voisine, ne vient plus nous rendre visite. Il nous boude !
  • Prononcé par ma petite sœur : C’est horrible… mon téléphone a rendu l’âme hier soir, il me manque tellement !!!!
  • Dans le monde de Pocahontas : L’arbre m’a parlé, il m’a dit de suivre mon cœur !

La paronomase, la figure de style populaire

En théorie :

Rapprochement de mots dont le son est à peu près semblable, mais donc le sens est différent.

En pratique :

Lorsque vous utilisez deux mots qui sonnent un peu pareil côte à côté, même s’il n’y a pas vraiment de lien entre les deux.

Exemples du quotidien :

  • Tu parles, Charles !
  • Qui vivra verra.
  • À plus dans l’bus !

Exemple littéraire :

« Bizarre, beaux-arts, baisers ! » – Eugène Ionesco, La Cantatrice chauve

Exemple moins littéraire :

« Y a pas d’hélice, hélas ! – C’est là qu’est l’os ! » – Gérard Oury, dans La Grande Vadrouille

La prétérition, la figure de style préférée des petits filous

En théorie :

Feindre de ne pas vouloir dire ce que néanmoins on dit très clairement et souvent même avec force.

En pratique :

Procédé littéraire un peu vicieux, qui consiste à dire ce qu’on prétend ne pas vouloir avouer.

Quelques exemples de prétérition quotidiens :

  • À table : Je voudrais pas dire, mais Étienne, il a repris deux fois de la purée !
  • Au travail : Je ne dis pas que ta tenue est vulgaire, je dis simplement qu’il ne vaut mieux pas que les clients te voient ainsi.
  • En rendez-vous amoureux : Je ne te dirai pas que tu es la fille la plus jolie que je connaisse, mais il semblerait pourtant que ce soit le cas.

Alors, convaincus que vous aussi, vous maîtrisez les figures de style ? J’espère que vous penserez maintenant à nous lorsque vous lancerez négligemment un « en selle Marcel ! », que vous parlerez du dernier Luc Besson sorti au cinéma ou bien même quand vous entendrez votre femme ou votre mari dire à son chien : « Oh il est content de retrouver ses maî-maîtres le chien-chien, on lui avait manqué hein ! » Et comme on a tous nos exemples de figures de style préférées, la prochaine fois, on vous parlera des exemples de figures de style préférées de grands auteurs de la littérature française.

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