Les 8 meilleures BD en anglais à lire à la rentrée

Comment s’améliorer en anglais sans trop forcer à la rentrée ? En lisant, évidemment ! Voici notre sélection des meilleures BD à lire en anglais.
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Les 8 meilleures BD en anglais à lire à la rentrée

À l’heure de la rentrée, vous avez peut-être envie de continuer d’apprendre l’anglais sans trop d’efforts. Mais voilà, les vacances sont finies et les occasions de parler anglais s’amenuisent. Alors, pour vous aider à opérer cette rentrée en douceur, nous vous proposons de (re)découvrir neuf bandes dessinées en anglais. Petit plus : les BD présentes dans cette sélection ont la particularité d’avoir remporté de nombreux prix !

Si vous cherchez une façon ludique d’améliorer votre anglais, et que vous avez déjà fait le tour des romans et des séries précédemment recommandés, voici donc la liste des huit meilleures BD en anglais. À lire bien sûr en version originale, pour entretenir son vocabulaire sans avoir l’impression de travailler !

Notre classement des meilleures BD en anglais

1 / My Favorite Thing Is Monsters (Emil Ferris, 2019)

Chicago, fin des années 1960. Une petite fille de dix ans, Karen, est passionnée par les monstres, fantômes, vampires et morts-vivants. Lorsque sa voisine et rescapée de la Shoah, la belle Anka Silverberg, se suicide, Karen décide de mener l’enquête.

Moi, ce que j’aime, c’est les monstresMy Favorite Thing Is Monsters en anglais – est un roman graphique inclassable. Reprenant le style d’un cahier à spirales d’écolier, il se lit comme le journal intime d’une artiste prodige, dans lequel les dessins (réalisés en grande partie au stylo bille) ne ressemblent à rien d’autre de connu. Ce ne sont pas forcément de « beaux » dessins ; la force des planches réside dans leur capacité à nous immerger complètement dans l’esprit d’une petite fille qui voit le monde d’une manière… très particulière.

On y parle d’art et de sexualité, de violence et de résilience. D’identité, bien sûr, et d’exclusion. Dans tous les cas, pour saisir au mieux les nombreuses métaphores, références historiques américaines et autres jeux de mots, mieux vaut lire cette incroyable bande dessinée en anglais.

Épopée psychique qui traite des pouvoirs de l’imagination pour comprendre la réalité, My Favorite Thing Is Monsters a remporté de très nombreux prix à travers le monde, dont le Fauve d’or au Festival d’Angoulême 2019.

2 / Jimmy Corrigan (Chris Ware, 2000)

La veille de Thanksgiving, Jimmy Corrigan reçoit une invitation de son père, qu’il n’a jamais rencontré. Ce dernier l’invite chez lui, et Jimmy accepte – ce qui lui offre l’occasion de remettre sa vie en perspective et de découvrir l’histoire de sa famille.

Particulièrement original (certaines pages peuvent se couper ou se plier), Jimmy Corrigan a ébloui les critiques littéraires par sa profondeur psychologique et analytique, traitant tour à tour de la solitude, de la dépression, de l’immigration irlandaise aux États-Unis, de la pauvreté, du deuil et de la violence. Tous ces thèmes perçus à travers le regard d’un enfant qui, comme le lecteur, ne comprend pas toujours tout ce qu’il voit ; mais qui finit cependant par percevoir, au fil du temps, le fond des choses.

Étudier des planches de Jimmy Corrigan permet de se plonger dans un monde de non-dits, où les faits et les propos sont souvent énoncés à demi-mot. Voilà un excellent moyen d’évaluer son niveau de compréhension réel de l’anglais, en jonglant avec les mots et les images pour entrer au plus profond d’une partie de l’histoire des États-Unis. Une des meilleures BD en anglais de ces 20 dernières années, tout simplement.

3 / Cages (Dave McKean, 1998)

À Londres, la Meru House est un immeuble où vivent et se croisent de nombreux artistes : un peintre en manque d’inspiration, un romancier qui vit cloîtré, une botaniste qui fait pousser une forêt chez elle, un musicien capable de jouer de tous les instruments…

Dave McKean est un illustrateur de génie. C’est lui qui a réalisé les couvertures de Sandman ou les dessins de Batman : l’asile d’Arkham, qui comptent parmi les plus grands chefs-d’œuvre des comics américains. Mais à l’instar de My Favorite Things Is Monsters ou de Jimmy Corrigan, Cages est un OVNI de la bande dessinée : ses 500 pages alternent entre monologues et longs silences, fourre-tout d’histoires et de portraits déconcertants, sans que l’on sache vraiment où l’auteur veut nous emmener.

Parfois difficile à lire, Cages s’adresse à un lectorat particulier : il livrera à qui le lira jusqu’au bout une formidable réflexion sur la création artistique et les énigmes de la vie.

4 / Fax From Sarajevo (Joe Kubert, 1992)

En 1992, pendant la guerre de Bosnie, Sarajevo est assiégée par les Serbes. Fax rom Sarajevo retrace le quotidien de la famille d’Ervin Rustemagić pendant le siège : la peur, les privations, les crimes de guerre, l’espoir de la survie, celui de la fuite…

Fax From Sarajevo (Fax de Sarajevo en version française) narre une histoire vraie, celle de fax échangés entre Ervin Rustemagić et le monde extérieur durant le siège de Sarajevo. Parmi les destinataires : Joe Kubert, l’un des dessinateurs les plus connus chez DC comics. Ce dernier s’appuie sur les documents envoyés par Ervin Rustemagić pour retracer le plus fidèlement possible le quotidien de la guerre de Bosnie.

Fax From Sarajevo a remporté de très nombreuses récompenses, offrant un témoignage humain à la fois unique, historique et intemporel sur les horreurs de la guerre. 

5 / Bone (Jeff Smith, 1995 – 2005)

Fone Bone et ses cousins, Phoney Bone et Smiley Bone, s’enfuient de Boneville à cause des escroqueries de Phoney. Perdus dans une immense vallée peuplée d’humains, de dragons et de rats-garous mangeurs de quiche, ils déclenchent, bien malgré eux, une grande guerre entre les forces du Mal et du Bien.

Récompensée par de très nombreux prix (Prix Eisner, Prix Urhunden, Prix Micheluzzi, Prix du meilleur album étranger du Festival d’Angoulême…), Bone est une grande saga fantastique teintée de poésie, dans laquelle les Bones (Fone, Phoney, et Smiley) réalisent mille et une péripéties. Bones dépeint un univers complexe dans lequel l’humour est omniprésent (malgré certains passages plus sombres). Les personnages, quant à eux, sont tous très attachants (mention spéciale à la grand-mère explosive, spécialiste des courses de vaches).

Une aventure épique, qui tiendra en haleine à la fois les jeunes et moins jeunes anglophones – qui, eux, ne se laisseront pas tromper par l’apparente naïveté des dessins de cette BD en anglais.

6 / V For Vendetta (Alan Moore & David Lloyd, 1982 – 1989)

Dans un Londres post-apocalyptique, un parti fasciste, Norsefire, a pris le pouvoir et lancé une vaste opération d’épuration ethnique, politique et sociale. Un anarchiste, « V », portant le masque de Guy Fawkes, commence une campagne terroriste afin d’ébranler tous les symboles du pouvoir.

V For Vendetta, le roman graphique signé Alan Moore et David Lloyd, est régulièrement cité dans les classements des meilleures BD en anglais. Il est d’ailleurs devenu célèbre auprès du grand public grâce à l’adaptation cinématographique réalisée par James McTeigue en 2005. Succès critique et commercial, le film ne fait pourtant qu’effleurer la profondeur de la réflexion portée dans l’œuvre originale sur l’anarchisme et la légitimité de la lutte contre l’ordre établi.

V For Vendetta propose un scénario sombre et simple étoffé de multiples intrigues secondaires qui, ensemble, dessinent les contours d’une dystopie reflétant, avec profondeur, notre propre société. Les travers politiques, moraux, culturels et psychologiques du monde contemporain, tout comme la place de la démocratie et du libre arbitre, y sont brillamment questionnés à travers une galerie de personnages complexes et de dialogues d’anthologie.

7 / Maus (Art Spiegelman, 1980 – 1991)

Publié en plusieurs tomes entre 1980 et 1991 aux États-Unis, Maus narre une relation entre un fils (Art Spiegelman) et son père (Vladek), rescapé des camps d’extermination nazis pendant la Shoah. Deux époques s’entrechoquent : une ville du sud de la Pologne, Częstochowa, du milieu des années 1930 à la fin de la Seconde Guerre Mondiale – et New York, en 1978. C’est d’ailleurs New York qui marque le point de départ des conversations de l’auteur avec son père, qui souhaite lui transmettre l’histoire des persécutions et du génocide dont ont été victimes les juifs de Pologne aux heures les plus sombres de la guerre.

Deux narrations s’entremêlent dans Maus : la déportation de Vladek, et le rapport compliqué d’un fils à son père, distant, presque absent – mais, comment lui en vouloir, en connaissant le récit de sa vie ?

À la fois biographique, historique et fictive, Maus a été récompensée par de très nombreux prix dans le monde entier. Traduite en trente langues, c’est également la seule bande dessinée récompensée d’un prix Pulitzer, qui lui a été décerné en 1992.

8 / Blankets (Craig Thompson, 2003)

Dans une petite ferme du Wisconsin (États-Unis), Craig Thompson (l’auteur) grandit dans une atmosphère très religieuse, stricte et modeste. Adolescent, il fait la connaissance de Raina – son premier amour, qui va changer à jamais sa vie.

Si a priori, le synopsis de Blankets semble être un énième récit autobiographique d’amours adolescentes, l’œuvre de Craig Thompson dépasse les clichés et la simple anecdote de vie. Ici, l’environnement social et familial des personnages joue un rôle essentiel dans leur devenir : comment concilier la foi évangélique et l’éveil de la sexualité ? Dans quelle mesure peut-on trancher les liens familiaux pour grandir et suivre son cœur ? À quoi renonce-t-on lorsqu’on le fait, et quel regard portons-nous sur ces choix, une fois devenus adultes ?

Aujourd’hui devenu un grand classique de la bande dessinée anglophone, Blankets doit son succès à sa poésie, à sa grande sensibilité et à ses magnifiques illustrations enneigées. Portrait réaliste de l’Amérique profonde, Blankets offre une narration merveilleusement maîtrisée, à dévorer en anglais.

Bonus : The Arrival (Shaun Tan, 2007)

Un homme prépare sa valise, quitte sa femme et sa fille, et traverse l’océan à bord d’un navire pour un pays inconnu. De ce là-bas, il ne connaît rien : ni la langue, ni les gens, ni leurs habitudes, ni le fonctionnement des choses. Mais il apprend et s’adapte, dans l’espoir d’offrir une vie meilleure à sa famille.

Pas besoin d’apprendre l’anglais pour lire l’œuvre de Shaun Tan : hormis son titre, The Arrival (Là où vont nos pères dans son édition française) ne comporte aucun mot : il s’agit d’une œuvre entièrement picturale au graphisme époustouflant. La beauté du dessin se suffit à elle-même pour raconter une histoire poétique, néanmoins très contemporaine, cherchant à explorer les raisons qui font que des millions d’êtres humains, chaque année, abandonnent tout derrière eux en quête d’un endroit où refaire leur vie.

Prix du meilleur album au festival d’Angoulême 2008, The Arrival est une œuvre originale qui réussit donc l’exploit de livrer un récit universel sans écrire un seul mot.

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