Les meilleures séries (non anglophones) de 2020 pour survivre au confinement

Quelles sont les meilleures séries non anglophones de 2020 ? Voici notre sélection des meilleures séries pour apprendre une nouvelle langue cette année !
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Les meilleures séries (non anglophones) de 2020 pour survivre au confinement

Quelles sont les meilleures séries non-anglophones à regarder en 2020 ? Si, comme de nombreuses personnes, vous souhaitez mettre à profit le confinement dû au Covid 19 pour regarder des séries et apprendre une langue, nous vous avons concocté une petite liste des meilleures séries non américaines (ni anglophones) qui ont, peut-être, échappé à votre radar. 

Pourquoi ce choix ? Nous vous faisons confiance pour trouver facilement des séries pour apprendre l’anglais — l’offre ne manque pas. Mais, face à la pléthore de productions sous laquelle nous sommes noyés, trouver de petites pépites du monde entier peut se révéler fastidieux. Nous vous avions déjà proposé une liste des meilleures séries TV pour apprendre une langue en avril dernier dans notre magazine. Et voici, pour rappel, quelques-unes d’entre elles : 

  • El Marginal (Argentine)
  • Bron (Suède, Danemark)
  • Dark (Allemagne)
  • La Casa de Papel (Espagne)
  • Occupied (Norvège)
  • Le Bureau des Légendes (France)

Cette nouvelle liste des meilleures séries non américaines de 2020 a donc été écrite comme une actualisation de l’article précédent, en se basant sur trois critères :

  1. La série ne doit pas être en anglais
  2. La série doit être diffusée en 2020 ou avoir une nouvelle saison programmée pour cette année
  3. La langue originale fait partie des langues disponibles avec Babbel

Bon confinement ! 

Les meilleures séries (non anglophones) de 2020 pour progresser dans votre nouvelle langue

🇸🇪 Apprendre le suédois avec Jordskott

Synopsis : dans la petite ville de Silverhöjd, un garçon disparaît mystérieusement. Eva Thörnblad, négociatrice au sein des forces spéciales de la police de Stockholm, est de passage dans cette ville où, sept ans plus tôt, sa fille, Joséphine, disparut dans les mêmes circonstances. Elle décide alors de s’immiscer dans l’enquête. 

Jordskott n’est pas qu’un énième polar noir scandinave. Donnant vie à tout un bestiaire de la mythologie scandinave (les Vittra, le Nokken, la Huldra…), cette série a connu un grand succès lors de la diffusion de la première saison en 2016. L’atmosphère est typique des productions scandinaves, férues de couleurs froides, d’envoûtements mélancoliques, et de douleurs mal cicatrisées.

Mais à cela se rajoute une dimension fantastique qui transforme la trame narrative de l’enquête policière « classique » en fable écologique. Difficile d’en dire plus sans en dire trop sur l’une des meilleures séries non américaines qu’ait pu produire la Suède après Äkta människor.

Au fait, que veut dire Jordskott au juste ? Le créateur de la série explique qu’il s’agit d’un néologisme qu’il a inventé – associant « Jord » (le sol) et « Skott » (une jeune pousse, ou un coup de feu).

🇩🇪 Apprendre l’allemand avec Babylon Berlin

Synopsis : en 1929, sous la république de Weimar, le commissaire Gereon Rath est muté de Cologne à Berlin, à la brigade des mœurs. Sa mission : démanteler un réseau de films pornographiques produits et distribués par la mafia russe, mais dans lequel trempent également les sphères diplomatiques et politiques. 

Le synopsis de Babylon Berlin n’est qu’un décor. La série télévisée la plus chère de l’histoire allemande (300 décors, 5 000 figurants, 40 millions d’euros dépensés pour les deux premières saisons), adaptée des romans policiers de Volker Kutscher est avant tout un prétexte pour décrire la vie quotidienne des Allemands de la République de Weimar, entre la fin de la Première Guerre mondiale (1918) et l’avènement du Troisième Reich (1933). 

Babylon Berlin décrit à merveille l’état d’esprit de l’époque — et de ses différentes classes sociales. Louée pour la qualité de sa narration, la série a surtout été saluée pour la façon dont elle dépeint la montée du nazisme dans l’esprit des gens ordinaires, et la fragilité de la démocratie. L’une des meilleures séries non américaines de ces dernières années. 

🇪🇸 Apprendre l’espagnol avec Patria

Synopsis : dans la province espagnole du Guipuscoa, deux familles basques se sont entre-déchirées. Dans l’une des familles, un fils rejoint le groupe armé séparatiste ETA. Dans l’autre, le père de famille, « El Txato », se fait assassiner par ce même groupe, après avoir refusé de payer « l’impôt révolutionnaire ».  Lorsque ETA annonce, en 2011, la fin de la lutte armée, la veuve d’El Txato, Bitorri, veut connaître l’identité de l’homme ayant assassiné son mari — et obtenir son repentir.

Adapté du best-seller de Fernando Aramburu vendu à plus de 700 000 exemplaires, Patria est la première production européenne de la chaîne HBO, à qui l’on doit les séries cultes Game of Thrones, Westworld, The Wire, Les Soprano, True Detective, Six Feet Under, Chernobyl

Diffusée à partir du 17 mai, Patria racontera le conflit pour l’indépendance du Pays basque et ses conséquences profondes sur une partie de la société espagnole, où l’ETA et la gauche abertzale ont parfois imposé un régime totalitaire répressif extrêmement violent à certaines régions de l’Espagne.

Mais ce qui fait la force du livre (et probablement de la série) est une autre question, beaucoup plus universelle : après l’horreur, comment pardonner ? Comment regretter ? 

Même si Patria n’a pas encore été diffusée, le cachet qualitatif HBO, la profondeur et le succès du livre de Fernando Aramburu, ainsi que l’énorme budget alloué pour la réalisation de cette série, lui permettront assurément de lui assurer une place de choix parmi les meilleures séries non américaines de 2020.

🇨🇴 Apprendre l’espagnol de Colombie avec Frontera Verde

Synopsis : à la frontière entre le Brésil et la Colombie, au fin fond de la forêt amazonienne, survient une série de meurtres étranges. Dépêchés de Bogotá, deux détectives rencontrent une mystérieuse communauté indigène protégeant un fantastique secret. 

Frontera Verde ne fait pas l’unanimité. Si certains sont subjugués par l’atmosphère envoûtante et déroutante de la série, d’autres sont découragés par la lenteur du rythme, ou par certains rebondissements scénaristiques jugés tirés par les cheveux. Néanmoins, tout le monde s’accorde à dire que cette série ne manque pas d’originalité pour parler artistiquement des problématiques de déforestation, d’extinction de masse, et de disparition des cultures indigènes.

Néanmoins, en période de confinement, le voyage est assuré. Et tous ceux qui ont appris ou continuent d’apprendre l’espagnol découvriront peut-être l’espagnol colombien — aux sonorités beaucoup plus douces, et au phrasé beaucoup plus lent, que celui qui est parlé en Espagne. 

🇮🇹 Apprendre l’italien avec Luna Nera

Synopsis : au XVIIe sicle, une sage-femme de 16 ans, Ade, doit fuir après le décès d’un nouveau-né. Accusée de sorcellerie, elle trouve refuge par une famille de « sorcières » — mais tombe malheureusement amoureuse du fils d’un couple de chasseurs de sorcières… 

Cette série italienne diffusée sur Netflix, qui se situe à mi-chemin entre le fantastique, la romance, et l’horreur, a recueilli des avis mitigés lors de la diffusion de sa première saison en janvier 2020. Inspirée de la trilogie de Tiziana Triana racontant la chasse aux sorcières dans l’Italie des années 1600, on a reproché à la série ses décors et ses effets spéciaux parfois datés ; ses acteurs pas toujours très justes ; et son côté « romance à l’eau de rose ». À ce titre, Luna Nera n’a pas fait l’unanimité dans notre sélection de meilleures séries de 2020.

Néanmoins, ceux qui apprennent l’italien et qui arriveront à mettre de côté leur réminiscence des téléfilms italiens des années 90 (qui se rappelle de La Caverne de la Rose d’or ?) pourront regarder une série TV italienne en se confrontant au talent de la direction artistique et à l’originalité de certains aspects du scénario. 

🇧🇷 Apprendre le portugais du Brésil avec Omniscient

Synopsis : dans un futur proche, la société brésilienne a éradiqué la criminalité grâce à une surveillance de masse réalisée par les drones de la société Omniscient, qui filment, en permanence, la vie de chaque citoyen. Néanmoins, lorsque son père se fait assassiner, la jeune Nina, stagiaire chez Omniscient, entreprend de mener l’enquête.

Les Brésiliens adorent les dystopies pour raconter le monde contemporain. Après la série à succès 3 % et le succès critique du film Baccurau, la série Onisciente (créée par l’espagnol Pedro Aguilera) ambitionne de nous plonger dans une ville brésilienne fictive où chaque habitant est en permanence sous la surveillance d’un drone.

Pour être honnête, comme Luna Nera, Omniscient ne mérite pas vraiment d’être dans la liste des meilleures séries non américaines de cette année : le scénario de départ n’est pas réellement novateur, ni même original. Et la réalisation ne fait qu’apporter tous les éléments attendus dans ce genre de série de science-fiction : le rôle des nouvelles technologies, leur impact sur les libertés fondamentales, les complots politiques et la corruption des grandes entreprises… Néanmoins, cet équivalent brésilien de Black Mirror permettra de prolonger l’immersion sédentaire de ceux qui voudront apprendre le portugais pendant leur confinement. 

🇳🇱 Apprendre le néerlandais avec Ares

Synopsis : Rosa, une étudiante en médecine désireuse d’être reconnue à sa juste valeur, fait la rencontre, grâce à son meilleur ami, d’une société secrète manipulant, dans l’ombre, le fabuleux destin des Pays-Bas. Mais derrière les réussites historiques du pays des tulipes se cachent des secrets démoniaques. 

Lorsqu’on regarde Ares, on est d’abord frappé par la somptueuse esthétique visuelle. La direction photographique de la série s’inspire des jeux de lumière, des compositions, et de la profondeur des peintures de l’âge d’or de la peinture néerlandaise (Rembrandt, Vermeer, Frans Hals, Antoon van Dyck …).

Même si Ares ne mérite pas vraiment sa place dans la liste des meilleures séries non américaines de ces dernières années (personnages creux, clichés, scénario bancal, manque de réalisme), elle reste l’une des rares à pouvoir permettre, à ceux qui sont en train d’apprendre le néerlandais, d’entendre cette langue. 

🇳🇴 Apprendre le norvégien avec Vikingane (Norsemen)

Synopsis : en l’an 790, Rufus, un Romain, est enlevé par des Vikings et vendu comme esclave dans le petit village de Norheim. Alors qu’il était le parangon de la vie culturelle romaine, il s’aperçoit bien vite que les valeurs et les richesses spirituelles qu’il possède n’impressionnent pas vraiment les Vikings.

Cette série humoristique, dont la troisième saison est diffusée sur Netflix depuis le 21 février 2020 sous le titre Norsemen, raconte de façon décalée le quotidien d’une bande de Vikings. Il s’agit, en quelques sortes, de l’équivalent norvégien de Kaamelott : grâce à l’humour, l’absurde, les jeux de mots, et le burlesque, la série raconte un bout de l’histoire de la Norvège sans rien omettre de ce qu’elle avait de violent, et de sanglant. Certains passages sont d’une grande noirceur, mais la série ne s’éloigne jamais vraiment de son atmosphère loufoque. 

Attention : sur Netflix, seule la version audio en anglais est disponible, la série ayant été tournée simultanément en anglais et en norvégien. Pour regarder Vikingane dans la langue d’Ibsen, il faut se rendre sur le site de la NRK.

🇷🇺 Apprendre le russe avec Better Than us

Synopsis : dans un futur proche, les androïdes font partie de la vie quotidienne. Mais l’un d’entre eux, Arisa, commence à se comporter comme les êtres humains et enfreint la Première Loi d’Asimov en tuant un homme. 

Si le synopsis rappelle évidemment celui d’Äkta människor (Real humans), la première série Netflix russe opte rapidement pour un traitement très différent de sa cousine suédoise. Comme le dit lui-même le créateur de la série, Better Than Us n’est pas une série de science-fiction : « il s’agit d’une série dramatique », « comportant des éléments d’anticipation ». Les êtres humains sont au centre du propos — et l’androïde Arisa ressemble davantage aux voyageurs persans de Montesquieu, Usbek et Rica, dont le regard étranger permet d’enrichir l’analyse, et le discours. 

Les rebondissements scénaristiques sont nombreux, et l’esthétique futuriste est très soignée. Mais, outre le fait d’entendre parler la langue de Chekov, ceux qui sont en train d’apprendre le russe pendant le confinement auront l’occasion de se confronter à certains aspects parfaitement typiques de la société russe, visibles, par exemple, dans la façon qu’auront de réagir certains personnages. Des réactions parfois déroutantes, mais qui nous plongent au cœur de « l’âme russe ». La deuxième saison commencera cette année. 

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