Retrouver ses origines grâce aux langues

Ces dernières années ont en effet vu une réelle tendance se dessiner : de plus en plus de personnes s’intéressent à la généalogie et se lancent avec passion dans la recherche de leurs ancêtres. Mais comment les langues peuvent-elles aider à retrouver ses origines ?
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Retrouver ses origines grâce aux langues

Les sites, les blogs liés à son sujet fleurissent par dizaines, les logiciels se vendent comme des petits pains. Elle est devenue un passe-temps pour près de quatre millions de personnes, qui est-elle ? La recherche généalogique, bien sûr ! Mais comment les langues peuvent-elles aider à retrouver ses origines et à renouer avec ses ancêtres ?

Le boom de la recherche généalogique

Ces dernières années ont en effet vu une réelle tendance se dessiner : de plus en plus de personnes s’intéressent à la généalogie et se lancent avec passion dans la recherche de leurs ancêtres.

C’est d’abord grâce à une loi garantissant la gratuité et l’accessibilité des informations publiques. Adoptée en 2015, ce texte a grandement facilité l’accès à des mines d’informations, autrefois réservées à l’administration. Mais c’est la loi de 2016 pour une République numérique qui a réellement changé la donne en permettant à tous de consulter en ligne des millions d’actes civils.

Aujourd’hui, il existe de multiples sites permettant de consulter ces archives afin de pouvoir petit à petit construire son arbre généalogique et retrouver ses origines.

Entre passion et connaissance de soi : le besoin de retrouver ses origines

Sophie, 29 ans, vit aujourd’hui à Paris pour son travail. Acheteuse dans le secteur du textile, elle rentre souvent dans la région de Saint-Malo d’où est originaire sa famille. C’est toujours une parenthèse très ressourçante pour elle, entre moments de partages en famille et balades iodées à pied ou à cheval.

Elle a commencé ses recherches généalogiques il y a un an : « Ça a été une révélation pour moi ! J’avais toujours eu envie de connaître et d’identifier les gens dont mes oncles, tantes ou grands-parents me contaient les anecdotes. » Et puis, comme beaucoup, Sophie a eu envie d’en apprendre davantage, de remonter plus loin. Très vite, la recherche généalogique est devenue grisante : « Être capable de remonter aussi loin est véritablement gratifiant ! C’est d’abord le côté recherche qui me passionne. Qui était le père ? Quelle est la date de naissance exacte ? Avec qui s’est-elle mariée ? Cela oblige à faire des déductions. »

« Lorsque mes grands-parents paternels ont disparu, je me suis rendu compte que je ne connaissais que très peu nos origines. […] J’avais envie de connaître cette partie de moi, de notre famille. » – Lucie, 35 ans.

Pour Lucie, 35 ans, professeur de mathématiques dans la région de Saint-Nazaire, le besoin de retrouver ses origines était d’abord identitaire. Elle a repris le travail généalogique commencé des années plus tôt par sa tante. « Nous avions déjà un petit arbre généalogique du côté de ma mère. Mais lorsque mes grands-parents paternels ont disparu, je me suis rendu compte que je ne connaissais que très peu nos origines. De ce côté de la famille, nous avons tous un physique plutôt méditerranéen : pas vraiment le type originaire de la Loire-Atlantique ! J’avais envie de connaître cette partie de moi, de notre famille. »

Retrouver ses origines, avant tout un besoin

Sophie ajoute : « Ce qu’il y a de fascinant c’est qu’à travers des actes de mariages, de décès, de remariage, on découvre des vies, des malheurs. Parfois, ce sont ces drames qui sont à l’origine de notre présence. Par exemple, mon grand-père maternel était le deuxième enfant de sa mère, issu d’un remariage. Celle-ci avait déjà une petite fille mais elle avait perdu son premier mari décédé des suites des effets du gaz moutarde dans les tranchées. »

« Plus je consacre de temps [à la recherche généalogique], plus la joie d’avoir trouvé un élément est grande ! » – Sophie, 29 ans

Comme dans toute bonne aventure, l’enquête peut mener beaucoup plus loin que prévu. Lucie nous raconte : « À un moment, j’ai compris que notre famille venait de la région de Grenoble. Lorsque j’ai enquêté là-bas, je me suis rendu compte que l’une de mes aïeules, Marisa, était italienne. Elle avait quitté l’Italie au milieu du XIXe siècle et s’était mariée à un Grenoblois. Ils avaient ensuite déménagé vers la Loire-Atlantique. Lorsque j’ai compris cela, j’ai été très émue, très touchée ! J’ai eu le sentiment de découvrir une partie de moi-même ! »

La culture de nos ancêtres

Il est vrai que les flux migratoires, qu’ils soient politiques ou professionnels, viennent parfois brouiller les pistes et étendre les zones géographiques de recherche. Mais lorsque la déduction mène à un personnage clé de son histoire, c’est un grand bonheur : « Plus je consacre de temps [à la recherche généalogique], plus la joie d’avoir trouvé un élément est grande ! » avoue Sophie.

Pas toujours besoin de chercher bien loin pour découvrir que ses ancêtres parlaient une autre langue : dans bien des régions de France, nos aïeux ne parlaient pas le français. Ces langues régionales ont peu à peu été mises au second plan mais elles connaissent aujourd’hui un vrai regain d’intérêt. Les écoles bilingues par exemple permettent parfois aux enfants de partager avec leurs grands-parents ou arrière-grands-parents une langue et une culture qui ont longtemps été mises de côté. Un bel exemple de transmission !

« Apprendre le portugais, c’est aujourd’hui un moyen [pour mes enfants] de réaffirmer leur identité » – Antonio, 66 ans

Pour les enfants d’immigrés, c’est aussi une façon de retrouver leurs origines, de renouer avec leurs racines parfois mises de côté par souci d’intégration. Antonio, 66 ans, a quitté le Portugal lorsqu’il avait 20 ans pour venir travailler en France et a toujours encouragé ses enfants à ne parler que français. Aujourd’hui, ses fils se sont mariés, vivent toujours en France dans la région bordelaise, mais ils ont souhaité tous les deux apprendre le portugais : « Pour eux, c’est aujourd’hui un moyen de réaffirmer leur identité, semblerait-il, et de se rapprocher de la culture de ma famille. J’en suis très heureux et je commence à leur parler parfois en portugais, une première pour moi ! C’était très émouvant quand ils ont eu leurs premières conversations avec mes cousins, à Porto. »

Pour retrouver ses origines, il faut parfois partir à l'aventure

Depuis sa découverte, Lucie continue de fouiller ses racines italiennes. « En le partageant avec ma famille, je me suis rendu compte que nous avions beaucoup de petits riens qui auraient pu nous le faire comprendre avant ! La meilleure recette de ma grand-tante était le tiramisu, qu’elle disait tenir de sa mère, qui elle-même avait pour deuxième prénom Bianca. Et c’est très drôle, car au collège j’étais fascinée par l’Italie et j’avais même commencé à apprendre l’italien à l’aide d’un CD ! Comme quoi ! »

Aujourd’hui, Lucie apprend l’italien chaque jour, pour se reconnecter à ses origines et à son histoire. C’est un nouveau pan de sa vie qui se présente à elle. Ses prochaines vacances, elle sait où elle les passera : dans la vallée de l’Orcia, la région d’où viendrait la fameuse Marisa. Car, vous l’aurez compris, la recherche généalogique ne se réduit pas à des actes consultables en ligne. Retrouver ses origines, cela peut aussi aller jusqu’à rencontrer une nouvelle famille, et pourquoi pas, dans une nouvelle langue !

Pour en savoir plus sur la recherche généalogique :

→ filae.com

 geneanet.org 

→ Fédération française de généalogie 

Site du Ministère de la Culture 

 

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