Ces 5 alphabets qui ont marqué l’histoire de l’écriture

Les alphabets et les systèmes d’écriture sont multiples avec un rayonnement plus ou moins important à travers le monde. Voici ces 5 grands alphabets qui ont marqué l’histoire.
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Ces 5 alphabets qui ont marqué l’histoire de l’écriture

Illustré par Lucille Duchêne

On a l’habitude de dire que l’alphabet constitue la colonne vertébrale d’une langue. Et c’est vrai ! Composé de différents signes, l’alphabet permet de retranscrire tous les sons d’une langue afin de la décomposer dans toute sa complexité.

Il existe de très nombreux alphabets différents – certains sont même aujourd’hui propres à une langue unique. En effet, les différents systèmes d’écriture sont nés de part et d’autre du globe, à des époques distinctes. Ce sont les découvertes archéologiques et le décryptage de vieux manuscrits ont permis d’identifier ces grands alphabets qui ont évolué au fil des siècles. Quels ont été les plus importants ? Voici les 5 grands alphabets qui ont marqué l’histoire de l’écriture.

L’alphabet phénicien, pierre angulaire de l’histoire de l’écriture

Considéré comme le « père » de tous les alphabets modernes, l’alphabet phénicien était utilisé par les Phéniciens, un peuple de commerçants qui prospérait au Proche-Orient. Les premières preuves de son utilisation remontent à 10 000 av. J.-C., dans une région qui correspond aujourd’hui au Proche-Orient : les frontières actuelles du Liban, d’Israël, de la Syrie et de la Jordanie sont érigées sur les vestiges de l’antique Phénicie.

Sans le savoir, les Phéniciens (aussi appelés Cananéens) opérèrent une révolution majeure qui influencera toutes les civilisations suivantes : l’alphabet. Les Phéniciens sont en effet les premiers à avoir l’idée d’illustrer les sons de la parole par des signes arbitrairement choisis et mémorisables, marquant un virage prépondérant dans l’histoire de l’écriture.

Composé de 22 signes, le système phonétique phénicien s’appuyait sur des représentations très simplifiées d’objets ou de choses dont le nom commençait par tel ou tel son. Réputé particulièrement simple à apprendre et à comprendre, l’alphabet phénicien est devenu l’un des systèmes d’écriture les plus utilisés au monde et a été assimilé par de nombreuses cultures. L’alphabet araméen (proche de l’alphabet hébreu) est ainsi une forme évoluée du phénicien, au même titre que l’alphabet arabe moderne ou l’alphabet grec.

L’Égypte ancienne et ses hiéroglyphes

Depuis les premiers égyptologues, l’Égypte ancienne fascine… et la beauté de ses hiéroglyphes n’y est sans doute pas pour rien ! Les hiéroglyphes sont ces caractères qui représentent des objets naturels ou des objets créés par l’homme. Assemblés, ceux-ci permettent de raconter une histoire ou de former un message. Les hiéroglyphes étaient notamment utilisés dans les tombes, les temples et sur les trésors funéraires des pharaons, de leurs épouses et de leurs enfants.

Si la place des hiéroglyphes dans l’histoire de l’écriture est encore aujourd’hui entourée de mystères, on sait que seule la civilisation égyptienne les utilisait et qu’elle a su la développer indépendamment de toutes les autres civilisations, ce qui témoigne d’une grande culture et d’une grande indépendance pour l’époque.

Aujourd’hui, on estime que les premiers hiéroglyphes sont apparus vers 3 500 av. J.-C. dans la vallée du Nil. Il faut savoir que le déchiffrage des hiéroglyphes de l’Égypte ancienne est longtemps resté un mystère jusqu’à ce que le scientifique Jean-François Champollion en décrypte le « code » en 1822.

Les sinogrammes, des milliers de caractères

Avec au total plus de 1 milliard d’utilisateurs dans le monde, une histoire millénaire et une écriture enrichie à travers les siècles, les caractères chinois (ou sinogrammes) ont véritablement marqué l’histoire. S’il est difficile de leur attribuer une date de naissance précise, on estime que l’utilisation des premiers sinogrammes remonte à 6 000 ou 7 000 av. J.-C.

La mythologie chinoise attribue quant à elle l’invention des sinogrammes à un certain Cang Jie (2 750 av. J.-C.), ministre de 黄帝 (Huáng Dì), le mythique Empereur Jaune, père de la nation chinoise. Les caractères chinois ont été enrichis siècle après siècle, au fil des dynasties. Aujourd’hui on estime qu’il existe environ 50 000 sinogrammes, dont 5 000 qui sont utilisés quotidiennement par les sinophiles.

L’alphabet grec : la naissance des voyelles

Le destin de l’alphabet grec est intimement lié à celui de l’alphabet phénicien, dont nous parlions un peu plus haut. Pour la grande majorité des hellénistes, il est désormais acquis que l’alphabet fut adopté par la Grèce Antique au 8e siècle av. J.-C. Héritage direct du phénicien, utilisé par Pythagore, Hérodote et Platon, cet alphabet sera l’un des atouts majeurs du rayonnement de la Grèce sur toute l’Europe Antique.

Les Grecs étant particulièrement pragmatiques, ils n’hésitèrent pas à modifier et adapter l’écriture phénicienne aux besoins de leur langue. Ce pragmatisme occasionna une évolution majeure dans l’histoire de l’écriture : l’alphabet grec fut le premier à introduire l’utilisation des voyelles, indispensables pour diversifier et muscler l’écriture grecque. C’est ainsi que naquirent les lettres α (alpha), ε (epsilon), ι (iota), ο (omicron) et υ (upsilon), qui deviendra notre fameux « i grec ». Progressivement, son par son, signe par signe, l’alphabet grec se diversifiera et s’affinera selon les régions d’usage.

L’alphabet latin : l’Occident s’unifie 

Rome ne s’est pas faite en un jour, et l’alphabet latin non plus ! Apparu dans la péninsule italienne aux alentours du VIe siècle av. J.-C., l’alphabet latin dérive en fait de… l’alphabet étrusque. Du nom du peuple Étrusque (parfois appelé Tyrrhénien), arrivé en Toscane aux alentours du VIIe siècle av. J.-C., l’écriture étrusque résulte de l’adaptation de l’alphabet grec pour transcrire leur langue phonétiquement. L’expansion de la civilisation étrusque s’étendra à toute l’Italie et couronnera plusieurs Rois de Rome, avant l’avènement de la civilisation romaine. Ce sont les Romains qui transformeront progressivement l’étrusque pour créer l’alphabet latin, adopté par la majorité des langues germaniques (comme l’anglais ou l’allemand) et romanes. On estime qu’il est aujourd’hui utilisé par près de 40 % de la population mondiale.

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