Parlez une langue comme vous en avez toujours rêvé

Parlez une langue comme vous en avez toujours rêvé

Faites un essai ! La première leçon est offerte.

Game of Thrones attire l'attention sur les langues artificielles

Du dothraki à l'elfique, et du na'vi au klingon — comment les langues construites forment et imprègnent la culture pop ?

Vous avez vu ce qui arrive à Daenerys et à ses amis à la fin de la 7e saison de Games of Thrones ? C’est pas joli joli, on est bien d’accord. Mais profitons du fait que le rideau soit retombé sur la série pour revenir sur un évènement qui nous a marqué, nous, les passionnés de langues.

Lors du deuxième épisode de la cette fameuse saison 7, un nouvel élément est venu s’ajouter aux combats impétueux et aux scènes ardentes que les spectateurs avaient coutume de voir. Un détail capital selon nous : un cours de langue !

Comme les plus de 16 millions de fans de la série le savent déjà, un revirement de situation majeur de l’épisode est dû à une petite erreur grammaticale en haut valyrien, l’une des langues construites de la série — dites aussi « langues fictives. »

Tout tourne autour d’une prophétie annonçant qu’un « prince » va régner sur Westeros. Or, apparemment, en haut valyrien, le mot pour « prince » est de genre neutre et peut donc être traduit par « prince ou princesse », ce qui rend ainsi possible l’avènement d’une souveraine.

Mais prenons d’abord un peu de recul.

Qu’est-ce qu’une langue construite ?

Cela peut paraître exagéré, mais nous sommes entourés de langues construites. Il vous suffit de penser à votre livre, votre film ou votre émission télé de science-fiction préféré, et de vous demander si les personnages y parlent un langage inventé. Ainsi, le klingon, dans Star Trek, est une langue construite. Même chose pour le na’vi de Avatar et l’elfique du Seigneur des anneaux. N’oublions pas non plus le fourchelang, le langage des serpents dans Harry Potter. Dans Game of Thrones, on parle non seulement le haut valyrien, mais aussi le dothraki et plusieurs autres dialectes.

La Language Creation Society est une organisation à but non lucratif destinée à promouvoir la création de langues construites. L’un de ses fondateurs est devenu une légende dans le monde de la pop culture. En effet, David J. Petereson est avant tout célèbre pour avoir inventé le dothraki et le haut valyrien, mais il a également créé des langues fictives pour des séries telles que Defiance, Penny Dreadful et Les Chroniques de Shannara.

Dans la saga de George R. R. Martin intitulée Le Trône de Fer, dont s’inspire la série télévisée Game of Thrones, bien d’autres langues que l’anglais sont certes mentionnées, mais elles ne sont que très peu développées. C’est là que commence tout la délicate mission de Peterson.

La création de langues construites

Dans son blog dédié au dothraki, Peterson écrit : « Cette langue (telle qu’elle existe actuellement) est un développement des fragments de dothraki que j’ai trouvés dans Le Trône de Fer. À présent, c’est une langue entièrement fonctionnelle, utilisable par tous, avec un vocabulaire comptant plus de 3000 mots (et toujours en expansion). »

Mais comment crée-t-on une langue ? Par où commence-t-on ?

Peterson explique qu’il a porté beaucoup d’attention à la culture environnant le peuple Dothraki dans les livres de George R. R. Martin. En effet, l’importance des chevaux dans la culture Dothraki a constitué un point de départ pour développer la langue. Peterson donne l’exemple suivant : l’équivalent de « Comment ça va ? » en dothraki est « Hash yer dothrae chek ? », ce qui signifie littéralement « Est-ce que vous faites bien du cheval ? »

À partir de là, comme l’affirme Peterson dans une interview, il s’agit d’un travail à la fois artistique et technique, à parts égales. Selon lui, la part technique consiste à créer la grammaire et à s’assurer que ce système fonctionne. Il établit un parallèle avec la programmation ou la fabrication d’un casse-tête. Mais il y a également une forte part créative. Celle qui consiste à inventer le lexique. Peterson explique que c’est dans cette phase du travail que l’on décide de quelle façon la langue exprime son message.

Hors écran

Une caractéristique fascinante des langues construites les plus populaires est leur faculté à vivre leur propre vie, indépendamment des livres, des films et des séries TV pour lesquelles elles ont été créées à l’origine. Ainsi, partout dans le monde, de nombreux fans et amateurs dédient tout leur temps libre à étudier, à utiliser et à développer leurs langues construites préférées.

Prenons le cas du klingon, par exemple : les passionnés de Star Trek se sont emparés du langage créé par le linguiste Marc Okrand dans les années 80 et en ont fait un véritable phénomène culturel. Ils ont formé une organisation à but non lucratif afin de « faciliter l’exploration érudite de la culture et de la langue klingon ». Les trekkies ont également ajouté de nouveaux termes qui n’étaient pas dans le lexique original et ont même publié des traductions d’œuvres célèbres en klingon, comme Hamlet. Certains fans sont allés jusqu’à s’unir selon la tradition de mariage Klingon !

Les amoureux du haut valyrien et du dothraki n’en sont pas (encore) là, mais certains fans inconditionnels de Game of Thrones ont déjà poussé leur obsession en s’inscrivant à un cours de langue fictive de Game of Thrones à l’université de Californie, à Berkeley. Et devinez qui est leur professeur ? Le maître en personne : David J. Peterson.

Quant à nous autres, nous devrons pour le moment nous contenter d’une leçon de langue intégrée à un épisode de temps à autre. Et probablement pas avant 2019 !

Vous trouvez que c'est cool d'apprendre des langues ? Nous aussi !

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