Le clavier AZERTY en France : histoire, évolution et avenir

Pourquoi utilise-t-on le clavier AZERTY en France ? Si les raisons de son apparition sont encore bien mystérieuses, voici ce que l’on sait sur ce clavier que le monde entier nous envie (ou pas).
Pourquoi la France utilise le clavier AZERTY ? Si les raisons de son apparition sont encore bien mystérieuses, voici ce que l'on sait sur ce clavier que le monde entier nous envie (ou pas).

Avec la Belgique, la France reste l’un des rares pays à utiliser le clavier AZERTY. Mais d’où vient cette exception ? Quelles sont les caractéristiques du clavier AZERTY français ? Babbel vous invite à en découvrir plus !

L’histoire du clavier AZERTY

Origines et développement du clavier AZERTY

L’histoire du clavier AZERTY commence paradoxalement avec l’invention du clavier QWERTY par Christopher Latham Sholes dans les années 1870. Ce visionnaire américain conçoit la première machine à écrire commerciale qui révolutionne l’écriture mécanique de l’époque.

Initialement, Sholes avait opté pour un arrangement alphabétique des touches, jugeant cette organisation plus logique. Mais rapidement, il découvre que cet agencement provoque des blocages mécaniques : les tiges métalliques qui frappent le papier s’entremêlent lorsque certaines lettres fréquemment associées sont tapées rapidement. C’est pour résoudre ce problème technique qu’il développe la disposition QWERTY, séparant délibérément les lettres couramment utilisées ensemble.

Le clavier AZERTY français apparaît dans la dernière décennie du 19e siècle comme une adaptation directe du système QWERTY. Les principales modifications concernent l’inversion des positions des lettres A et Q, ainsi que Z et W, d’où le nom AZERTY. Cette adaptation française reste aujourd’hui encore un mystère historique : aucun document officiel ne justifie clairement cette modification !

L’évolution des claviers en France

L’adoption du clavier AZERTY en France pourrait venir d’une stratégie commerciale. Les fabricants américains, face au succès limité de leurs variantes expérimentales sur leur marché national, auraient privilégié l’exportation vers la France, grande puissance économique de l’époque.

Contrairement aux idées reçues, des études scientifiques ont démontré que la disposition AZERTY n’offre aucun avantage ergonomique particulier pour la saisie du français par rapport au QWERTY. La distance parcourue par les doigts reste similaire dans les deux configurations.

Si la France adopte l’AZERTY, d’autres pays développent leurs propres variantes. Ainsi, l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse utilisent le QWERTZ.

Quelles sont les caractéristiques du clavier AZERTY ?

Dispositions et fonctions des touches

L’organisation du clavier AZERTY reflète certaines particularités du français. Sur la rangée supérieure, les chiffres de 1 à 0 sont accompagnés de symboles spécifiques : &, é, “, ‘, (, -, è, _, ç, à. Le reste s’organise comme ceci :

  • première rangée alphabétique : A-Z-E-R-T-Y-U-I-O-P
  • deuxième rangée : Q-S-D-F-G-H-J-K-L-M
  • troisième rangée : W-X-C-V-B-N avec les signes de ponctuation

Ergonomie et confort d’utilisation

Le clavier AZERTY présente quelques avantages pour la saisie en français, en particulier l’accès direct aux lettres accentuées (é, è, à, ç). Cependant, les défauts ergonomiques sont nombreux :

  • la position privilégiée donnée à des lettres peu fréquentes (Q, K)
  • la difficulté d’accès aux majuscules accentuées
  • l’absence de certains caractères spéciaux français (œ)

Pourquoi choisir un clavier AZERTY ?

Le clavier AZERTY français facilite certaines saisies avec les symboles de ponctuation adaptés et la configuration préétablie dans tous les logiciels français, assurant une compatibilité optimale avec les systèmes de correction orthographique.

Malgré ses limites, le clavier AZERTY permet la saisie des principaux caractères spéciaux français, même si certains restent difficiles d’accès (majuscules accentuées, ligatures).

Quelles alternatives au clavier AZERTY ?

Comparaison avec les claviers QWERTY et QWERTZ

Le clavier AZERTY français se distingue de ses homologues internationaux :

QWERTY (anglophone) :

  • optimisé pour l’anglais
  • absence d’accents directs
  • standard mondial dominant

QWERTZ (germanique) :

  • adaptation pour l’allemand
  • inversion Y-Z par rapport au QWERTY
  • caractères spéciaux germaniques

Autres dispositions utilisées dans les pays francophones :

Le Québec utilise le QWERTY avec des adaptations françaises. En Suisse romande, le QWERTZ est partagé avec la Suisse germanophone. Quant à l’AZERTY belge, il présente quelques variantes par rapport au français.

Les évolutions possibles du clavier AZERTY

L’AFNOR (Association française de normalisation) a publié en 2019 la norme NF Z71-300 qui définit deux nouvelles dispositions optimisées. L’AZERTY amélioré conserve la disposition traditionnelle en facilitant l’accès aux majuscules accentuées et aux ligatures et en améliorant l’ergonomie. Le BÉPO amélioré, lui, repense entièrement la disposition avec une répartition équilibrée des fréquences de frappe.

L’AFNOR continue de travailler sur l’évolution des claviers informatiques pour mieux s’adapter à la langue française. Ces nouveaux standards, bien que non obligatoires, pourraient progressivement s’imposer dans les entreprises et établissements scolaires soucieux d’efficacité. La révolution numérique pourrait aussi favoriser l’émergence de nouvelles interfaces de saisie : reconnaissance vocale, claviers virtuels adaptatifs, ou technologies de prédiction avancée qui rendraient obsolète le débat sur la disposition physique des touches. À suivre…

FAQ

Pourquoi les Français utilisent un clavier AZERTY ?

Les Français utilisent le clavier AZERTY essentiellement par héritage historique et habitude culturelle. Cette adoption initiale, probablement fortuite, s’est perpétuée pendant plus d’un siècle, créant une inertie difficile à surmonter malgré les inconvénients ergonomiques reconnus.

Pourquoi le clavier AZERTY n’est pas ABCD ?

L’organisation alphabétique, bien que logique en apparence, s’avère contre-productive pour la frappe rapide. Comme l’avait découvert Christopher Latham Sholes, regrouper les lettres fréquemment associées provoque des blocages mécaniques sur les machines à écrire. Si cette contrainte technique a disparu avec l’informatique, l’habitude perdure.

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