Parler français, un avantage pour apprendre une langue ?

Si le français est votre langue maternelle, vous avez peut-être assimilé le fait d’être « nuls en langues ». Une maladie nationale ? Et si, à l’inverse, parler français était un atout pour apprendre d’autres langues ?
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Parler français, un avantage pour apprendre une langue ?

« Le français est une langue très difficile. Sûrement une des langues les plus difficiles du monde ! » Ah bon ? En tout cas, c’est une conviction très répandue en France. Malheureusement, il arrive souvent que les Français ayant ce genre de discours ne parlent eux-mêmes aucune autre langue. Comment défendre cette idée sans éléments de comparaison ? Et surtout, pourquoi les Français, dotés d’une langue maternelle apparemment si complexe, échouent-ils autant quand il s’agit d’apprendre d’autres langues ? Parler français est-il vraiment un frein à l’apprentissage ? 

Pour beaucoup, les Français seraient touchés par une curieuse maladie. Son nom ? Le monolinguisme ! En 2018, l’Hexagone a ainsi décroché la 35e place du classement annuel d’Education First sur les compétences en anglais. Loin derrière la Suède, les Pays-Bas et Singapour qui se partagent le podium, mais aussi derrière des pays longtemps restés sous influence russophone, comme la Pologne (13e) et la Lituanie (26e) qui ont su rattraper leur retard historique. Même les Belges, dont les Français aiment tant se moquer, se distinguent en se hissant à la 11e place ! Notons au passage que certains de nos cousins latins semblent partager nos difficultés, en particulier l’Espagne (32e) et l’Italie (34e).

Comment expliquer ce classement somme toute médiocre ? Face à ce triste constat, études et statistiques à l’appui, deux options sont possibles :

– le fatalisme. Les Français ne sont pas faits pour les langues : c’est un fait. Pourquoi en faire tout un fromage ? Au lieu d’en avoir honte, soyons-en fiers. Continuons à résister à l’invasion linguistique étrangère !

– le déterminisme. Non, il n’y a pas de malédiction nationale. Changeons de cap, changeons de point de vue ! Parler français est une bénédiction pour apprendre d’autres langues, prenons-en conscience !

Vous l’aurez sûrement compris, chez Babbel, on penche plutôt pour la deuxième attitude. Alors, en quoi parler français peut-il représenter un avantage pour apprendre une nouvelle langue ?

Une belle famille nombreuse

Tout d’abord, le français appartient à la grande famille des langues romanes, dont les principaux membres sont l’espagnol, le portugais, l’italien mais aussi le roumain. Parler français, c’est donc bénéficier d’un accès privilégié à quatre autres langues chantantes, parlées par plus d’un milliard de personnes sur tous les continents !

Mais voyons encore plus loin, soyons ambitieux, soyons… Français ! Napoléon ne disait-il pas « Impossible n’est pas français » ? La langue française appartient à une famille encore plus nombreuse : les langues indo-européennes. Si les langues romanes dérivent du latin, les langues européennes seraient issues de l’indo-européen. De très nombreuses langues sont ainsi apparentées, de près ou de loin. L’anglais, l’allemand, le danois (les langues germaniques), le polonais, le russe (les langues slaves) ou même l’hindi en Inde et le farsi en Iran sont autant d’exemples de langues indo-européennes.

Bien sûr, pour les francophones, apprendre l’hindi demandera plus d’efforts et de temps que l’italien. À ce sujet, le Foreign Service Institute a établi des catégories de langues par niveau de difficulté. Intéressant, non ? Mais quelles caractéristiques spécifiques au français en font un atout majeur pour les apprenants en langues ?

Le vocabulaire français, entre raffinement et argot

Au risque de décevoir les Français, la langue de Molière n’est certainement pas la plus difficile du monde. En revanche, ce qui est sûr, c’est qu’il s’agit d’une langue d’une grande subtilité, notamment lexicale. Autrement dit, les francophones ont la chance de maîtriser une langue riche au vocabulaire étendu. Comment cela ne pourrait-il pas être un avantage pour apprendre d’autres langues ?

D’ailleurs, le français a largement influencé plusieurs langues. C’est le cas du russe et des mots en « -age » : paysage (пейзаж), étage (этаж), vernissage (вернисаж), sabotage (саботаж), camouflage (камуфляж) et même… plage (пляж). En turc, certains mots en « -eur » comme chauffeur (şoför), acteur (aktör), amplificateur (amplifikatör) et coiffeur (kuaför) proviennent du français. Même l’anglais n’a pas échappé à l’emprise de son (arrogant) voisin – un impact linguistique que l’on retrouve notamment en cuisine. Chez nos amis anglophones, c’est une fois dans l’assiette que l’animal retrouve sa francophonie. Pig (cochon) devient pork (porc), cow (vache) devient beef (bœuf), sheep (mouton) devient mutton, calf (veau) devient veal et hen (poule) devient poultry.

Autre atout de la langue française : elle se distingue par la grande diversité de son registre familier et argotique. La plupart du temps, il trouve difficilement autant d’équivalents dans d’autres langues, même les plus proches du français.

  • En espagnol : Tengo cincuenta años

En français : J’ai cinquante ans / berges / piges / balais

  • En anglais : I don’t want to die

En français : Je ne veux pas mourir / crever / claquer / clamser

  • En allemand : Wo ist der Wagen ?

En français : Où est la voiture ? / la caisse ? / la tire ? / la bagnole ?…

  • En italien : Ce ne andiamo !

En français : On s’en va ! / se casse ! / se tire ! / s’arrache ! / se barre ! / se taille !…

  • En russe : Ты всё ещё ешь ?

En français : Tu es encore en train de manger ? / de bouffer ? / de t’empiffrer ? / de te goinfrer ? / de becqueter ? / de grailler ?…

  • En roumain : Nu am bani

En français : Je n’ai pas d’argent / de blé / de sous / de fric / de flouz / de pognon / d’oseille / de biftons / de cash / de thune / un rond / un radis

Autant dire que ce ne sont pas les exemples qui manquent ! Avec ces exemples d’expressions argotiques, vous avez sûrement déjà compris / saisi / capté / pigé l’intérêt de cet argument. Parler français, c’est savoir jongler brillament avec les mots, les registres et même la syntaxe de votre langue. Apprendre une langue supplémentaire serait donc vraiment un problème ? Pas besoin de tant travailler / bosser / bûcher / trimer pour y arriver !

Avec autant d’influences, de possibilités et avec un vocabulaire aussi varié, les francophones ont-ils vraiment une excuse valable pour ne pas apprendre de nouvelles langues ?

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